Au départ, une bonne nouvelle
Je me souviens lorsque j’ai appris la nouvelle de ma grossesse : ça a été une source de beaucoup d’émotions, des émotions positives. À ce moment là j’étais mariée depuis presque deux ans, nous avions vécu de beaux moments dans notre vie à deux, nous nous sentions prêts à agrandir la famille. Et ça n’a pas tardé. L’annonce de ma grossesse était autant un beau moment pour moi et mon mari que pour les autres membres de ma famille, qui étaient ravis pour nous.
Mais, il faut savoir que…
En tant que médecin, j’en avais vu des cas de grossesses et d’accouchements. Autant vous dire que j’ai eu pas mal d’appréhensions en terme de risques, dangers, et complications d’une grossesse. Je pensais aux côtés négatifs, à la perte possible du bébé, à la douleur de l’accouchement à venir. Mais, d’un autre côté aussi je me disais, pour avoir côtoyé cela plusieurs fois, que je savais plus ou moins à quoi m’attendre. C’était un mélange étrange de peur et d’assurance.
La grossesse en elle-même
Comparé à ce à quoi je m’attendais, je dois dire que la grossesse s’est plutôt bien déroulée. Je n’ai pas développé d’aversion pour la nourriture que j’aimais avant, et mes envies étaient saines. J’avais régulièrement envie de légumes et raffolais des mini carottes. Tout se passait bien jusqu’à l’échographie de morphologie, qui se fait lors du deuxième trimestre…
Une mauvaise surprise
Lorsque le médecin annonce que l’échographie révèle une fente labiopalatine unilatérale (appelée communément « bec de lièvre »), mon monde s’écroule. J’ai du mal à encaisser, je passe les prochains jours à lutter contre la culpabilité. Je me sentais responsable de cette déformation qu’aurait mon bébé. Comment le vivra-t-il ? Sera-t-il complexé ? Sera-t-il jugé et discriminé dans la société ? Et puis sur le plan médical, je pensais aux risques probables, aux opérations que cela engendrera, aux pires scénarios. Le fait d’être médecin n’aidait pas à me rassurer, au contraire j’avais une meilleure idée de tout ce qui pourrait mal tourner. À cette période, et tout au long de ma grossesse réellement, mon mari a été d’un grand soutien. Heureusement aussi, le personnel médical a fait preuve d’un bon accompagnement. On m’a expliqué à quoi m’attendre après l’accouchement, comme le fait que je ne pourrais pas allaiter, et qu’il allait falloir tirer le lait et utiliser des biberons spécialisés. On m’a parlé des différentes chirurgies auxquelles je devrais me préparer psychologiquement pour les mois et années à venir. On a abordé le fait de répandre la nouvelle à mes proches pour éviter des situations malaisantes à l’arrivée du bébé. Toutes ces discussions ont vraiment contribuées à ce que je finisse par bien assimiler la nouvelle. En réalité, mon bébé était bien portant et c’est tout ce qui comptait. Pour le reste, on s’adapterait au fur et à mesure.
Au final
Pendant le dernier trimestre, j’avais énormément mal au dos, au point où c’était très difficile de trouver une position confortable pour dormir. J’utilisais un coussin de grossesse qui m’enveloppait presque totalement pour avoir un peu de soulagement. Je faisais des massages de temps en temps aussi, ça aidait à réduire les douleurs. Mis à part cela, tout s’est très bien passé jusqu’à la fin de ces mois de création de la vie. C’est sûr que ça n’a pas été de tout repos tout le temps, mais j’aime à penser que chaque décision, chaque acte posé a mené à me conduire exactement où je devais être.
Oui, ça a été une belle expérience dans l’ensemble et je n’y changerais rien.
J’ai accouché d’un magnifique garçon le 7 mai 2023.

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