Petite mise en contexte
Avant de parler de la grossesse en elle-même, il faut savoir que pendant un moment (plusieurs années en fait) j’ai souffert de maux réguliers dans la région du bas ventre. J’avais consulté des gynécologues, fait des examens, suivi divers traitements médicaux et traditionnels, sans succès. Non seulement je n’en guérissais pas mais je ne savais même pas de quoi je souffrais. Les traitements aidaient à soulager les douleurs mais aussitôt que j’arrêtais elles revenaient, comme une petite famille qui rentre de ses vacances. C’est naturellement que cette situation avait commencé à me peser au fil des années, me poussant à me poser des questions sur ma capacité à enfanter sans problème lorsque le moment serait venu. Il y avait des jours où je n’y pensais pas ou pas trop, d’autres jours j’étais envahie d’un profond mal être, au point d’en pleurer. En 2023, alors que je me sentais prête à devenir maman, je n’avais malheureusement pas quelqu’un avec qui me poser et vivre cette vie de famille. Je me souviens qu’au 31 décembre de cette année là, ma prière avait été soit de trouver un homme sérieux avec qui faire ma vie, soit d’avoir un enfant en 2024. Il est vrai qu’à ce moment là ça m’importait peu d’être mariée avec le père de mon enfant ou qu’il soit « l’homme de ma vie », mais j’aurais peut être dû être plus précise dans cette prière…
Mars 2024
J’avais un cycle régulier. Très régulier même. Je pouvais prédire quel jour mes menstruations commenceraient, avec admettons une marge d’erreur d’un jour maximum. Donc lorsque mes menstruations ne commencent pas le dimanche prévu, je trouve ça assez particulier mais sans plus. Un jour passe, puis deux, puis trois, puis quatre… J’achète le test de grossesse, mais toujours sans conviction, en fait je trouvais même l’idée d’être enceinte amusante. Je fais finalement le test le vendredi suivant, et il est bien sûr positif. Je ne trouve pas le deuxième trait du bâton assez foncé, alors je décide de m’arrêter chez mon gynécologue en allant au boulot. Après une échographie et un test d’urine, le premier résultat est confirmé, je suis bel et bien enceinte. Comment décrire ce que j’ai ressenti à ce moment là ? J’étais abasourdie, je ne savais pas comment réagir, j’étais totalement perdue. C’est pourtant ce que je voulais, me diriez-vous. Oui mais pas comme ça, du moins pas avec lui. Je savais que le père de mon enfant ne voulait pas d’enfant, je pensais qu’on s’était assez protégés.
Comment ça a pu arriver ?
C’est tout ce à quoi je pensais sur le chemin du travail. Mon visage était totalement impassible, pourtant j’étais toujours autant choquée.
Le temps est passé…
Pendant les trois premières semaines tout se passait bien, je me sentais différente mais rien de précis, rien de concret. Puis j’ai commencé à avoir des nausées, sans pour autant vomir. Je pensais que c’était psychologique, que je ressentais des symptômes parce que je savais désormais être enceinte. Et bien, c’est très vite devenu réel. À partir d’un mois de grossesse les vomissements ont commencé, et étaient tellement fréquents que je n’allais quasiment plus au boulot, je ne mangeais presque rien si ce n’était quelques fruits, boire de l’eau me dégoûtait. J’avais l’impression que tout ce que j’ingérais ressortait, je me sentais mal en permanence, j’étais devenue toute pâle, j’avais perdu beaucoup de poids et je dois dire que ça m’inquiétait quant au développement du bébé.
Puis le quatrième mois est arrivé et les vomissements se sont arrêtés… pour laisser place aux crachats. Je crachais tellement en permanence que je me déplaçais avec une bouteille pour cracher à l’intérieur, et la nuit un gobelet restait près de mon lit pour les mêmes raisons. Ça, ça a duré jusqu’à mes sept mois de grossesse. Dans le dernier trimestre, je devais absolument manger avant neuf heures le matin pour éviter les vertiges et maux d’estomac, même si ce n’était pas grand chose et que je n’en avais pas envie. Ce n’est que trois semaines avant mon accouchement que j’ai retrouvé l’appétit et recommencé à bien m’alimenter.
Tout au long du périple
Au-delà des challenges physiques et physiologiques que je vivais, il y en avait aussi des psychologiques : stress, déprime, solitude, réflexions en tout genre. Je me demandais comment je pourrais m’en sortir toute seule, comment ma vie serait avec un enfant à élever, comment se passerait l’accouchement, etc. Certes, il y avait l’option de confier le bébé à mes parents le temps pour moi de mettre un peu d’ordre dans ma vie, mais je ne me voyais pas m’en séparer. Avant cette grossesse je m’étais souvent demandée quelle était ma place sur cette terre, et la venue de ce petit homme répondait peut-être à cette interrogation. En ce qui concerne le travail, j’avais de la chance d’avoir un manager compréhensif, gentil, et généreux.
Au final, je pense que le moins que l’on puisse dire que c’est que cette grossesse a été rude, mais le 14 décembre 2024 j’ai accouché d’un mignon petit garçon, et je l’aime plus que tout.



